1649 : pourquoi un séminaire ?

En 1598, Henri IV signe l’édit de Nantes qui met un terme aux guerres de religion. Nantes est à majorité catholique, mais comme ailleurs le renouveau se fait attendre. Le Concile de Trente (1545-1563) a eu à cœur de réformer le clergé. C’est pourquoi le 15 juillet 1563, le Concile décrète l’institution des Séminaires.

Cependant, ce n’est qu’en 1621 que des prêtres de l’Oratoire (Bérulle) reçoivent mission de préparer les futurs ordinants du diocèse par des retraites.

En 1642, l’évêque acquiert un logis au faubourg St Clément, la maison de Malvoisine, dont il veut faire un séminaire. Cinq ans plus tard, il fait appel à la compagnie des prêtres de St Sulpice pour le diriger.

De 1649 à 1790 : à Malvoisine

En quoi consiste la vie de ces futurs prêtres ? Ils sont pensionnaires pendant 2 ou 3 ans, par trimestre ou semestre, pour des retraites spirituelles : l’ordonnance des cérémonies, le chant, la pédagogie du catéchisme, la résolution des cas de conscience. Pour la théologie et la philosophie ils suivent les cours à l’extérieur ; pour certains à l’Université d’Angers.

En 1728, la compagnie de St Sulpice prend officiellement la direction du séminaire. Désormais la théologie (scolastique=dogmatique, et morale) est enseignée à l’intérieur du séminaire. Le règlement privilégie la théologie et l’étude. De 1750 à 1790, il y a 20 à 25 ordinations par an.

En 1790, la plupart des prêtres du diocèse refusent de prêter serment à la Constitution civile du Clergé. Les bâtiments deviennent biens nationaux en 1791. Les sulpiciens s’exilent. Les bâtiments serviront de caserne, de prison, d’hôpital. Sous l’empire, ils seront adjoints au Couvent de la Visitation pour être transformés en Lycée. Reconstruits, agrandis, ils sont devenus l’actuel lycée Clémenceau.

De 1807 à 1906 : l’âge d’or ?

Le Concordat (1801) rétablit la liberté de culte.
En 1807 renaissent deux institutions distinctes. Un petit séminaire qui est une école secondaire où sont enseignées les “humanités”. (250-300 jeunes dont la moitié seulement se destine réellement à l’état ecclésiastique.) Et un grand séminaire, rue du Four, où l’on enseigne la théologie et la philo. (104 à 200, dont les ¾ deviennent prêtres.)

 

Le Petit Séminaire des Couëts

Le Petit Séminaire des Couëts

En 1826, un séminaire de philosophie est ouvert rue St Clément. Un petit séminaire ouvre à Guérande. En 1853, un nouveau bâtiment, le séminaire de théologie est construit rue St Clément. Devant l’augmentation des effectifs, les premières années du petit séminaire s’installent aux Couëts, à Bouguenais. (La maison est devenue propriété des apprentis orphelins d’Auteuil, une partie du terrain sert de dépôt de vente à la communauté d’Emmaüs.)
En 1850, il y a un environ 200 étudiants au grand séminaire.

Les lois de 1905 suppriment la congrégation des prêtres de St Sulpice. En 1906, les professeurs sont expulsés. L’évêque décide de ne plus faire qu’un seul grand séminaire et de l’installer rue de Gigant. Les bâtiments de la rue St Clément sont aujourd’hui le lycée technique Eugène Livet (théologie) et l’IUT (philosophie).

1912 à 1972 : fastes et crises

Le nouveau Grand Séminaire

“Le nouveau Grand Séminaire”

En 1911, Mgr Rouard achète une propriété dite de la Saulzinière, sur le Boulevard Lelasseur à l’aide d’une souscription. A la déclaration de guerre, les bâtiments ne sont pas achevés. La plupart des séminaristes sont mobilisés, mais une première rentrée a lieu en novembre 1914. En 1918, le bâtiment est occupé en grande partie par les alliés américains. (Bd des Américains). Dans les années d’après guerre, environ 30 à 50 jeunes par an entrent au Séminaire, dont les trois quarts viennent du petit séminaire qui est maintenant regroupé aux Couëts. Le 17 mars 1937 est consacrée la chapelle actuelle.

Consécration de la Chapelle du Séminaire

Consécration de la Chapelle du Séminaire

Puis arrive ” la crise des vocations ” : de 1966 à 1982, Mgr Vial ordonne encore 17 prêtres en 1968, mais aucun en 1976. Ne répondant plus aux besoins du temps, les petits séminaires sont fermés un à un. Le Grand séminaire se renouvelle en s’associant à ceux d’autres diocèses de la région dès 1972.

Le séminaire interdiocésain

1963 : Contrat passé entre les diocèses de Port-Louis (Île Maurice) et d’Angers. Les futurs prêtres mauriciens sont formés au Séminaire d’Angers.
1970 : Regroupement Angers-Le Mans
1972 : Regroupement interdiocésain des Séminaires des Pays de la Loire pour les diocèses d’Angers, Luçon, Le Mans, Nantes. Le premier cycle est fixé à Angers. Le second à Nantes.

Séminaire St Jean à Nantes

Séminaire St Jean à Nantes

1983 : Des travaux sont engagés. Les bâtiments sont répartis entre le secrétariat de l’évêché et le séminaire. Celui-ci prend le nom de Séminaire Saint-Jean.
1990 : Synode des évêques à Rome sur la formation des prêtres, suivi de l’encyclique de Jean-Paul II ” Pastores dabo vobis “.
1996 : Le premier cycle rejoint le deuxième cycle à Nantes.
1998 : Le diocèse de Laval intègre le séminaire
1998 : Un nouveau document des évêques de France règle la formation des futurs prêtres.
2000 : La chapelle du séminaire est rénovée.
2000 : La Conférence Épiscopale de l’Océan Indien met en place un séminaire de premier cycle regroupant l’Île Maurice, Rodrigue, la Réunion, les Seychelles et les Spiritains. Il s’installe provisoirement à la Réunion.
2001 : Le séminaire de l’océan indien – Notre Dame de la Trinité – est déplacé à l’Île Maurice.
2001 : Pèlerinage des séminaristes de France (930) à Lyon.
2002 : Première arrivée de séminaristes mauriciens directement en second cycle. Depuis 40 ans, 29 prêtres (La moitié du clergé diocésain.) du diocèse de Port Louis ont été formés à Nantes.
2003 : Accueil de séminaristes de la Réunion et des Seychelles à Nantes…